Samedi 15 août 2009
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J'écoutais les conversations entre Mélany et leurs relations américaines mais je n'y comprennais pas grand-chose. André parlait aussi couremment l'anglais, mais
aussi l'italien, voire même l'espagnol. Avec mon anglais basique et ma voix basse je ne pouvais participer à aucune discussion. Donc je continuais à me croire ignoré, voire oublié. Je n'étais pas
leur valêt pour Mélany comme je le supposais. Et je n'arrivais pas à exprimer mon désarroi qui était visible sur mon visage. Je pensais aux vacances ennuyeuses que je passais tous les ans au même
endroit depuis 40 ans.
Vers la fin de la première semaine, nous étions toujours sur la côte est des Etats-Unis. Nous nous rendîmes tous les trois en voiture chez une famille juive pratiquante. La maison de ces nouveaux
hôtes se situait au bord de l'Atlantique, à trois heures de route de New-York. Je ne savais pas dans quelle direction nous étions partis.
Je me trouvais vraiment dans l'Amérique profonde, vide de touristes, au sein d'une famille aux traditions rigides, comme celle du film français tourné dans le Sentier à Paris.
Ce vendredi-là, nous étions allés nous reposer sur la plage privée de nos hôtes. Je continuais à souffrir de maux de ventre j'avais attrapé de gros coups de soleil et je n'avais pas encore trouvé
de casquette à ma taille pour me protéger du soleil.
Nous allions dormir à trois dans une chambre de neuf mêtres-carrés. Et le soir j'assistais pour la première fois à des rituels juifs, avant de commencer le repas.Le film La vérité si je ments
n'était pas une caricature. Mais ça ne me gênait pas. Prière du vin, du gros sel jeté sur le pain, et les convives qui se lavaient les mains. Il y avait aussi une femme rabbin qui distribuait ce
même pain. Les invités se servaient dans la cuisine, et les hôtes suivaient. D'instinct, j'attendis avant de commencer à manger, et je me demandais ce qu'on pouvait avaler en dehors du poulet
froid, du riz sauvage et des poivrons crûs au cours de ces repas.
Une fois de plus, Mélany monopolisait la parole, sans me traduire un seul mot, ou me faire participer à la conversation. Je pensais au nombre de cigrettes qu'elle fumait : une par quart d'heure,
douze pendant le trajet qui nous avait amenés ici. Je ne savais plus où j'étais, cela ne ressemblait guère à ce que j'avais rencontré. Je vivais un rêve qui tournait au cauchemard., à cause des
exigences draconniennes de propreté qui supprimaient toutes sortes de libertés.. Je n'osais plus décider de ma tenue vestimentaire, il y avait toujours un truc qui n'allait pas.Je n'osais plus
participer à une conversation, car "ça ne se faisait pas d'interrompre quelqu'un.".
André aimait les lieux déserts, comme cette plage privée où nous nous étions "reposés" assez souvent. Je me tournais le bourrichon pour savoir ce que j'avais encore le droit de faire, après
ce repas juif que je ne blâme pas, où chaque geste était écrit dans les textes sacrés. Comment tenir sa fourchette, quoi boire, que dire sans choquer, ou bien si on pouvait se
resservir d'un plat.
Je paniquais toujours plus à l'idée d'être en Amérique, même si cela devait me marquer longtemps après mon retour.
Nouvelles intolérances : je ronflais, alors mon frère me tirait de mon sommeil. Et là tout le reste de mon séjour était foutu à cause de ce problème contre lequel je ne pouvais
rien.
Par morival frédéric
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Publié dans : voyage aux Etats-Unis
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