Samedi 15 août 2009 6 15 /08 /2009 14:45

Mélany n'était pas toujours sympa avec moi. Mais à présent je m'habillais autrement, je ne tâchais plus mes habits et je suivais sans lever le petit doigt mes guides comme un gentil toutou tirant sur sa laisse.

Ne connaissant rien de ce bled, je ne pouvais pas choisir les endroits qui auraient pu m'intéresser. Les routes empruntées par les New-Yorkais étaient interminables et peu pratiques pour les Européens.

André conduisait vite et avec habileté, Mélany était plus prudente. J'avais de plus en plus mal au ventre à force de ne manger que des salades et de l'eau fade genre Hépar Nous étions baignés dans une grande rivière, où il n'y avait personne. Au milieu d'une grande forêt où j'admirais les arbres immenses qui laissaient mes compagnons indifférents.  J'avais peur d'attraper une maladie mortelle comme la thyphoïde, ou de choper des tiques ici dont les piqûres pouvaient être fatales.J'étais un poids pour mes guides, peut-être disaient-ils du mal de moi du fait de me trainer derrière eux. Qu'avait-elle pu dire à mon sujet aux hôtes successifs qui nous avaient reçus ? Que j'étais un porc, ou un ours mal léché qui ne savait pas se tenir à table !

Le soir suivant, nous étions allés dîner chez le cousin de Mélany et sa famille. André ne m'informait jamais de ce qu'on allait faire. Je croyais que nous dormirions là, et j'étais prêt à aller me coucher chez ce ménage. En fait nous rentrâmes en fait aux alentours d'une heure du matin, dans l'appartement immense de la soeur de Mélany, Pénélope.
Cette courte nuit encore toute ma bile accumulée dans la journée hantait mes rêves. J'en avais ma claque de ce séjour aux USA. Et dire que c'était mon cadeau d'anniversaire ! Je n'avais jamais vu mon frère me faire une fleur sans raison.

Ce matin, le couple de tourtereaux m'avait laissé seul dans l'appartement de Pénélope. Ils étaient allés réparer le véhicule que nous avaient prêtés les parents de Mélany. Dès le premier jour ma belle-soeur avait éraflé le côté droit de la toyota en arrachant le rétroviseur.
Je me rappelerais pendant logtemps ce premier jour de 35 heures sans me coucher. Et de m'être réveillé le matin à quatre heures, sans plus pouvoir me rendormir.
Marcher, rouler sans arrêt, le métro, le taxi et les odeurs infectes des restaurants chinois. Et puis les plats dégoulinants de sauce et de fromage fondu. Ils me verraient me faire des tâches sans arrêt, ne pas laver les assièttes du petit-déjeuner... Eux n'étaient pas très propres en revenant de leur première sortie sans moi..

...j'étais encore rentré à deux heures du matin, et je ne prenais pas de plaisir à faire les activités au programme. Le shopping à New-York serait plus amusant si je pouvais aller où je voulais sans perdre mes guides de vue dans la foule new-yorkaise.

J'étais mené par le bout du nez avec cette fille. Je ne demandais pas de super-restaurants pour y engloutir mon budget vacances. C'était super sympa de me refaire ma garde-robe, mes cheveux, ma barbe ou mon corps. Je devais faire attention à tout, à être sur mon 31 en permanence.

Est-ce-que je continuerais à être comme-ça, quand je serais rentré, plus les remontrances de ma famille ? Rester aux USA ou revenir, c'était pareil. Assis entre deux continents, je l'étais, avec ce cadeau si merveilleux. C'était à se flinguer sur le champ, et à Mélany d'en rire jaune.

Par morival frédéric - Publié dans : voyage aux Etats-Unis - Communauté : amitié et tolérence
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