Samedi 15 août 2009
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Chapître 5
J'étais installé au premier étage de la maison.Mes guides couchaient dans une autre chambre en face de la mienne.
La vieille dame cubaine gérait la propriété mais elle ne parlait pas un mot d'anglais. Elle préparait les repas, cousait les vêtements, et faisait le ménage. Mélany m'assurait que tout ce que je
buvais et mangeais était fait maison et 100% naturel, boisson et nourriture.
Le repas ce soir-là fut copieux. Des tranches de grosses bananes frites, de la viande en sauce, du riz sec et de la salade. Le dessert fut servi dehors.
Dans mon lit cette nuit-là je n'arrivais pas à trouver le sommeil, car je cogitais beaucoup dans mon esprit troublé. New-York y était très présent, et mon estomac était retourné par ses
moeurs culinaires. Cette expérience était-elle une nouvelle épreuve après mes autres souffrances existentielles. J'étais dans un autre univers que je n'avais pas le temps d'apprécier à sa juste
valeur.
Première panique dans le métro, avec ma veste légère, et mes bras de chemise. Ces restaurants chinois aux odeurs écoeurantes, sans autres touristes qu'André et moi, et notre guide Mélany.
Tout cela m'avait donné une idée bouleversante sur la société américaine.
Mais dans le fond, je n'étais plus pressé de rentrer chez moi.Je pensais au spectacle familial que je retrouverais à Mézy et à Caen. Ce qu'il y avait ici n'était pas pire. Ma petite chambre
encombrée, mes livres illisibles que je ne peux plus ranger, à cause de mon père qui se roule par terre chaque fois que j'achète quelque-chose d'indispensable. Revenu à Caen, je reprendrais mes
mauvaises habitudes. Les leçons de savoir-vivre de mon frère seraient vite oubliées.
André me rendait responsable de la très grande fatigue de Maman, parce que je la laissais tout faire à la maison. Je me culpabilisais assez comme ça pour qu'on me rappele à chaque fois les quatre
vérités.
Ils disaient assez ce qu'ils pensaient de moi aussi il était inutile de leur demander si ça allait ou pas depuis que je voyageais avec eux. J'avais peur de dire et de faire des gaffes chez
les hôtes américains qui nous accueillaient dans leur ranch. J'étais comme un gamin qui quittait ses parents pour la première fois et qui se trouvait démuni de tout dans une colonie de
vacances.
Mélany ordonnait, j'obeissais aussitôt, sans négocier. Je ne voulais pas compliquer la situation, ni leur montrer comment je pouvais me mettre en colère comme autrefois. Mélany irait me diffammer
en disant que j'étais odieux pendant ce séjour US. Remontrances par devant et par derrière, aucun compliment en face, même quand ils étaient mérités.
On faisait beaucoup de choses, et on était hyper-actifs. Nous restâmes deux jours dans la grande propriété. Il ne pleuvait plus ici depuis le mois de mai de cette année. Une journée entière me
fut consacrée à l'achat d'une nouvelle garde-robe. 250 km étaient parcourus pour arriver à trouver des vêtements à ma mesure. Costuume, ceintures, chemises, sous-vêtements, je revenais du magasin
avec de quoi refaire mon look entièrement.
Une fois rentrés de nos achats loin de la ferme, le copain-coiffeur de Mélany coupa les deux-tiers de ma barbe et une bonne partie de mes cheveux. Mon nouveau look ne me plaisait pas
tout-à-fait, car j'avais l'air d'un gay à présent.
Par morival frédéric
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Publié dans : voyage aux Etats-Unis
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