Samedi 15 août 2009 6 15 /08 /2009 11:49

Chapître 4


Le  début de ce périple américain m'avait épuisé. On ne me faisait aucun cadeau et j'avais du mal à contenir mes désirs de mutinerie. Mélany et André s'inquiétaient de moi chaque fois que je montrais des signes de faiblesse sans que je le sache.

Nous partîmes le quatrième jour vers le sud de New-York, en Pennsylvannie. Nous roulions sur une autoroute non entretenue, et je remarquais un paysage semblable au sud de la France. Les arbres étaient d'un vert assez terne, l'herbe était complètemant jaune..La circulation était fluide et les automobilistes roulaient lentement. Au fur et à mesure que nous progressions, la chaleur asphixiante semblait s'atténuer. Nous avions passé beaucoup de stations-service avant de nous arrêter pour faire le plein qui devenait urgent depuis un moment déjà. Je ne me croyais pas aux USA, sur un continent immense. Les automobilistes américains n'étaient pas très nerveux au volant, comme c'était le cas en France.

Dans quel état  serais-je à mon retour ? J'avais une drôle de mine au bout de trois jours ! Je ne m'attendais pas à ce genre d'ambiance avec mes deux compagnons. J'avais encore plus de complexes par rapport à ma vie passée.
Avant, je ne me lavais pas les cheveux, je ne prenais des bains que tous les deux ou trois jours, et je ne prenais jamais de douche. André me parlait de mon foyer familial où j'habitais encore."En effet dit-il, c'est vraiment invivable là-bas ! Et il faut se forcer à y retourner !".
Tout cela pour me dire que je vivais une drôle d'aventure. Parfois je paniquais à l'idée d'être aussi loin de chez moi, et le soir je craignais de tomber dans les pommes à cause de la fatigue.

Je commençais à m'habituer à cette chaleur exténuante mais ma résistance avait des limites. Mélany consacrait un moment pour me touver un chapeau, un pantalon et des chaussures à ma taille, mais c'était peine perdu, car j'étais vraiment hors normes même au pays des obèses.

Et à partir de ce moment-là, je me suis senti manipulé.

Je pensais alors au métro où nous allions aux heures de pointe.  André me disait sans arrêt de me méfier des pick-pocket. Je déambulais au début habillé d'une veste, et je supportais mal les chauds et froids entre l'extérieur et l'intérieur des gratte-ciels climatisés. J'aurais aimé acheter des journaux sur les automobiles ou sur ce qui m'intérressait beaucoup en France. Comme le sport, la politique, la société ou les faits divers. Je n'étais pas un touriste ordinaire.

Par contre, j'ai pu pénétrer avec mes guides dans un magasin entièrement tenu par des rabbins, avec leur barbe, leurs nattes et leur chapeau noir. Là Mélany me proposa d'acheter un pour mon minolta et je pouvais en trouver d'occasion à l'étage supérieur de ce magasin original.
Le flash était acheté, mais  il nous fallait poireauter  une demie-heure à la caisse pour le récupérer au rez-de-chaussé. Le système de récupération était compliqué.  Mélany trépignait la cigarette au bec qu'elle n'avait pas le droit de fumer dans le magasin.
Je devais être très cartésien, car depuis que je vivais à leurs côtés je ne savais pas comment je resterais clean une fois revenu en France. Il me suffirait d'en être convaincu.

Voilà à quoi je pensais pendant ce long trajet qui nous conduisait vers deux petites bicoques situées au milieu d'une ferme de deux mille hectares. André et sa compagne  m'avaient en effet amené dans une maison typique qui avait été arrangée par ses propriétaires. Il y avait là des mobiliers anciens achetés en France. Une vieille dame cubaine partageait les lieux avec un coiffeur homo et un antiquaire très sympatiques. L'antiquaire travaillait à dix kilomètres de sa ferme.

Par morival frédéric - Publié dans : voyage aux Etats-Unis - Communauté : amitié et tolérence
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