Vendredi 14 août 2009
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Bon je vous ai fait marcher : c'est un journal de bord où il n'y a ni attentat ni espions. Je crois qu'une histoire réelle sera plus intéressante. Je vais
simplement garder les noms inventés des personnes réelles pour ne pas leur nuire.
Chapitre deux
Nous étions donc partis, André et moi vers les Etats-Unis, dans un "jumbo". C'était bon signe : on me prenait pour un Américain. Les hotesses me parlaient d'abord en anglais. Je m'intègrerais
vite dans le milieu US. Je me libérais du carcan familial de chez moi qui m'enchainait aux parents. Le flux vital s'était remis en marche, la peur des catastrophes de la maison avait diminué dans
l'avion.
André essayait d'arrêter de fumer. Cela rendait plus pénible ce voyage, même par rapport à moi qui n'avais jamais volé huit heures d'affilée.
- que lis-tu ? me demanda André.
Je lui montrais un ouvrage du XIXe siècle écrit par Gobineau, sur l'inégalité des races humaines. André feuilleta le livre, et constata que c'était un livre rasciste. Il me le rendit et je ne
savais plus où me mettre. Je continuais à lire ce livre de la Plëïade pendant les trois heures qui suivirent.
Mes craintes s'emoussèrent peu à peu, je voyais mon avenir différemment. Je ne tenais plus le coup à la maison. Mon père n'avait plus le même poids ici dans cet avion.
J'espérais ne rien regretter de ce voyage quand je le comparais aux séjours ailleurs qu'en Amérique. Déjà le trajet ne me parut pas trop long. On nous annonçait 31° à New York. Et là ça
allait se corser. Je me réjouissais trop vite. Changer de continent : il me restait tout à apprendre, si c'était un paradis ou un enfer.
André marchait vite, à l'aeroport américain. A la douane, l'agent lui avait demandé de passer sans moi. André pensait que je ne comprendrais pas l'anglais et voulait me servir d'interpretre. Mais
le douanier lui a dit de partir. Je suis passé sans problème car j'ai compris le charabias de l'Américain et je suis passé, à la stupéfaction de mon frère.
Huit heures de trop s'étaient envolées dans la nature. Une fatigue peu supportable m'accablait au bout de deux jours aux Etats-Unis. Mon ennui tracassait André car cela le rendait de mauvaise
humeur. J'étais très curieux en regardant les Américains dans la rue, et j'avais tendance à les prendre pour des extra-terrestres. Il y avait eux et Mélany, que je considérais autrement, selon le
moment..Une micro-goutte d'eau sur la table en acajou de l'appartement que Pénélope, la soeur de Mélany nous avait prété, et un flot de remontrances me tombait dessus. Une tâche sur mon tee-shirt
et celui-ci partait pour la machine à laver.
Je n'aimais pas qu'on me mette en boite, et j'aurais préféré me débrouiller seul. Mélany donnait sans arrêt des coups de fil depuis l'appartement de sa soeur. Elle téléphonait aussi dans la rue,
sans prétextes véritables. J'avais toujours du mal à suivre mes guides qui ne voulaient pas s'attarder dans les magasins de souvenirs. Mais je finis par marcher plus vite au risque de voir
ma voûte plantaire se briser en deux.
New York, ses fours extérieurs (dehors) et ses frigos intérieurs me donnaient des variations brûtales de températures, et je ne comprenais pas pourquoi nous étions venus en plein milieu de
l'été. La métropole américaine était sous pression 24 heures sur 24. Nous prenions le métro fréquemment et nous marchions dans de longues avenues sans fin. Nous progressions à toute vitesse sur
le macadam, comme si nous avions un démon à nos trousses. Je me forçais à marcher derrière mes gourous, n'essayant même pas de leur demander de ralentir. Je leur suppliais parfois de m'attendre,
mais ils oubliaient vite mes recommandations et reprennaient leur allure, sans y penser. J'aurais aimé photographier les gens et les énormes limousines de onze mètres qui passaient. Mais Mélany
en était blasée du fait qu'elle était de ce pays.
Par morival frédéric
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Publié dans : voyage aux Etats-Unis
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